
VarioPore : une technologie innovante pour un diagnostic rapide des maladies infectieuses
Certaines maladies infectieuses, comme la maladie de Lyme, se développent aujourd’hui de plus en plus rapidement, notamment en raison de l’évolution des conditions climatiques et environnementales. Pourtant, leur diagnostic repose encore souvent sur des tests réalisés en laboratoire. Bien que fiables, ces analyses peuvent être coûteuses, longues et parfois difficiles à mettre en œuvre rapidement.
Le projet VarioPore, porté par l’Université des sciences appliquées de Furtwangen (Hochschule Furtwangen) dans le cadre du programme Interreg Rhin supérieur, vise à répondre à ce défi en développant une nouvelle technologie de diagnostic rapide et fiable.
Au cœur du projet se trouve une technologie basée sur les nanopores, de minuscules ouvertures dans une membrane, mille fois plus fines qu’un cheveu. Lorsqu’un courant électrique traverse cette membrane, le passage d’une molécule dans le nanopore provoque une variation du courant. Cette variation permet alors d’analyser et d’identifier la molécule détectée.
Grâce à cette approche, il devient possible de détecter directement des agents infectieux – comme la bactérie responsable de la maladie de Lyme – ou certains marqueurs biologiques associés aux maladies. L’un des grands avantages de cette technologie est sa sensibilité extrêmement élevée, capable de détecter une seule molécule à la fois. À terme, le projet VarioPore pourrait permettre de réaliser des analyses rapides, en temps réel et directement sur le lieu de soin, grâce à des dispositifs compacts et faciles à utiliser par les professionnels de santé. Cela permettrait notamment d’initier plus rapidement des traitements adaptés.
Le projet vise également à surmonter plusieurs limites des technologies actuelles. Aujourd’hui, la fabrication de nanopores est souvent complexe et coûteuse, et certains capteurs ne permettent de détecter qu’un seul type de molécule.
Pour y remédier, les chercheurs développent différentes méthodes de fabrication et de modification des nanopores. Parmi les pistes explorées figure notamment l’utilisation de matériaux innovants et de nanoparticules à mémoire de forme, qui permettent d’ajuster la taille et les propriétés des pores. Cette approche ouvre la voie à des capteurs plus polyvalents, capables de détecter plusieurs molécules différentes avec un même dispositif.
Au sein du projet, les équipes de l’Université de Haute-Alsace jouent un rôle important dans l’optimisation de ces solutions innovantes. Elles travaillent notamment au développement de technologies à mémoire de forme afin d’améliorer la précision et la flexibilité des capteurs.
Ce projet vise ainsi à accélérer le transfert des résultats de la recherche vers des applications concrètes dans le domaine de la santé.
Le programme de recherche, disposant d’un budget de 1,4 million d’euros, est financé par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et co-financé notamment par la Région Grand Est, le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat.

Porté dans le cadre du programme de coopération européenne Interreg Rhin supérieur, il rassemble de nombreux partenaires scientifiques et académiques français, allemands et suisses :
- Acteurs académiques et de recherche : UHA, Fachhochschule Nordwestschweiz,
- Acteurs de la santé et de la recherche médicale : Universitätsklinikum Tübingen, MVZ Laborärzte Singen,
- Entreprises et partenaires industriels : PROGEN Biotechnik GmbH, HeiQ Materials AG, SmartDyelivery GmbH, BIC ECRITURE 2000,
- Institutions publiques et autorités partenaires : Ministerium für Wissenschaft, Forschung und Kunst Baden-Württemberg, Ministerium für Wissenschaft und Gesundheit Rheinland-Pfalz, Confédération helvétique, Canton de Bâle-Ville, Canton de Bâle-Campagne.